Le Cuesmois Vincent Rousseaux a les maillots de Kevin Slosse et... Thibaut Courtois!

Toute personne qui s’intéresse au football dans la région de Mons-Borinage, et même au-delà, ne peut pas ne pas connaître Vincent Rousseaux. Affable, sensible, bienveillant et persévérant, cet ancien gardien de but ne laisse pas indifférent. Après les traditionnels -« Comment ça va ? Bien, merci, et toi ? », la conversation dévie assez vite, en général, sur le ballon rond. Et c’est toujours un plaisir d’échanger avec « Vitchoun », comme beaucoup le surnomment. Il est vrai qu’il en connaît un bout en la matière grâce à une curiosité naturelle, saine et sans borne. C’est bien simple, tout ce qui touche à son sport de prédilection, intéresse le Montois de 41 ans.

Le déclic est survenu en suivant les matches de la Belgique au Mondial italien, en 1990. Le citoyen de Cuesmes avait alors 11 ans. Issu d’une famille qui n’est pas fan de foot, pas du tout même, il se contentait de taper la balle avec des copains, dans la rue. « J’ai commencé à découper des photos de joueurs, belges et étrangers, parues dans les magazines et les journaux. Puis, j’en ai voulu davantage. Je me suis lancé comme chasseur d’autographes. Admirateur de Preud’homme et de Degryse, je me souviens avoir écrit à Malines et à Anderlecht pour obtenir leurs signatures. J’avais carrément reçu des photos dédicacées. Tout est parti de là ».

Ivan Willockx, Jacky Matthijssen,...

Nouvelle étape, ensuite : en plus des matches, Vincent s’est mis à suivre des entraînements, avec une autre idée derrière la tête. « Obtenir des maillots n’est pas chose aisée. Y parvenir résulte d’un travail de patience. En fait, il faut arriver à créer un lien avec le joueur visé. Et ce n’est possible qu’à force de le croiser, de l’interpeller ». La technique a permis à l’archiviste de nouer des contacts qu’il n’est pas près d’oublier. « Quand Ivan Willockx défendait les filets de Mons, je me postais systématiquement derrière son goal. J’avais su capter son attention. Un jour, ayant appris qu’il était devenu papa, je lui avais offert un ours en peluche. Cela nous avait rapprochés et en fin de saison, il m’avait offert son dernier maillot de l’Albert ».

Autre exemple : Jacky Mathijssen. « Il avait été victime d’une commotion lors d’un match avec Lommel. J’avais écrit au club limbourgeois pour le soutenir, et il m’avait envoyé une photo. Je l’avais revu ensuite lors d’un match de coupe de Belgique entre Mons et Lommel. Je m’étais présenté à la fin de la rencontre et il m’avait refilé ses gants. Plus tard, alors entraîneur à Saint-Trond et à Charleroi, il m’avait fait parvenir les vareuses de ses gardiens ».

Filip De Wilde, l’idole absolue !

Mais l’idole absolue du Montois est, et reste, Filip De Wilde, qui a réalisé une grosse partie de sa carrière à Anderlecht. « Christophe Demacq m’avait emmené à Bruxelles pour assister au tout dernier entraînement de De Wilde au Sporting. Une fois la séance terminée, j’avais eu l’occasion de lui parler et il m’avait fait don d’un K-Way et d’un T-shirt. Il avait ensuite été transféré en Autriche, mais nous étions restés en contact. Et je dois bien avouer qu’il m’a gâté ! La moitié de ma garde-robe contient des effets de Filip. J’apprécie autant le joueur que l’homme. Il n’était peut-être pas le plus doué, mais à force de travail, il a atteint le top niveau. Ses échauffements, c’était ma « messe » ! J’arrivais toujours un peu plus tôt pour ne pas en rater une miette. Je m’en suis d’ailleurs inspiré par après, quand j’ai entraîné des gardiens. Et puis, il n’est pas « people » pour un sou. Et quelle humilité ! Un jour, il m’a demandé pourquoi j’étais si heureux quand il me donnait quelque chose… »

Mais Vincent est tout aussi ravi d’être mis à l’honneur par des joueurs de Provinciales. « Il y a un an environ, Kevin Slosse avait insisté pour que j’assiste au match entre Mesvin et Bracquegnies. -« Si tu viens, tu auras une surprise », m’avait-il lancé. Après avoir marqué, il avait soulevé son maillot pour laisser entrevoir un T-shirt avec l’inscription « Vitchoun ». Ce jour-là, ce n’est pas un, mais trois buts qu’il avait inscrits ! Le T-shirt est aujourd’hui dans un cadre. À mes yeux, il a autant de valeur que le maillot de Diable de Courtois, que je possède également grâce à Julien Chalet ». Une très belle collection, on vous le disait, qu’il est d’ailleurs possible de visionner sur le compte Instagram « va.te.faire.foot » (voir ci-contre).

F.Mi.

À consulter sur Instagram: «va.te.faire.foot»

Vincent Rousseaux a donc créé un compte Instagram pour publier des photos de ses « trophées » et en raconter l’histoire. « Un jour, pendant le confinement, je parlais de ma passion avec Franco Cavina, un jeune de Givry (photo ci-dessus). Alors que je pensais que ma collection n’intéresserait jamais que moi, il m’a convaincu de la partager. Et il avait raison ! Les réactions ne manquent pas. Beaucoup y sont sensibles, dont Philippe Vande Walle. Après lui avoir fait parvenir toutes les photos que j’avais de lui, il m’a envoyé un polo et des gants. De fil en aiguille, il a adhéré au concept et est devenu le parrain symbolique du compte « va.te.faire.foot », un jeu de mot facile, oui, mais un clin d’œil à ma grand-mère… »

L’équipe nationale aussi

C’est également par ce réseau que Vincent a obtenu un maillot de chaque gardien des Diables rouges ! « Julien Chalet, qui bosse à la fédération, a un jour parlé de ma passion au team manager de l’équipe nationale. Ce dernier a visionné mon site et, en rangeant les équipements, il a sorti trois vareuses à me remettre, celles de Courtois, Mignolet et Casteels ! Comme quoi, cette notion de partage constituait une excellente idée. D’ailleurs, pour remercier Franco de m’avoir si bien inspiré, je lui ai offert le maillot de Courtois ». Une générosité à l’image du personnage. Et une belle manière de célébrer 30 ans de passion, un bail qui ne va sans doute pas s’arrêter de sitôt.

F.Mi.

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