Perte de 15% d’affiliés au rugby à cause du Covid-19? Le point dans les clubs de MonsBo

L’équipe nationale en porte-drapeau.
L’équipe nationale en porte-drapeau. - Lefebvre

Au fil des années, le rugby belge a connu une certaine progression sportive. Le président de la fédération nationale, Salvatore Zandona, et son comité, se sont aussi employés à faire évoluer une structure organisationnelle afin de répondre aux besoins des clubs. « Il y a eu la mise en place d’une structuration et harmonisation des licences et des feuilles de match électroniques », glissait le président. « Du reste, il devenait inconcevable que les ligues francophone et néerlandophone, ainsi que la fédération, ne travaillent pas main dans la main. Le seul moyen d’atteindre tous nos objectifs, c’était d’unir nos forces. »

Avec un certain succès puisque les équipes nationales ont démontré une nette progression en quelques années. « Les Diables Noirs étaient remontés en Six Nations B en 2013-14 avant de redescendre en Trophy deux ans plus tard. Mais depuis quatre ans, l’équipe a trouvé sa place et s’est stabilisée au sein de ce Six Nations B. Il reste un match face à la Roumanie pour ponctuer le cycle de l’an dernier, avant de repartir pour une période de deux ans au sein d’une série très relevée. Ces deux années seront essentielles, avec l’objectif de se hisser en Coupe du monde. Et chez les dames, nous ne sommes pas en reste. En rugby à 7, nous possédons de sérieux atouts, et misons sur une qualification olympique, soit en 2024, soit en 2028 ! »

Près de 13.000 joueurs et joueuses

La Belgique voit donc grand, et à raison, les affiliations étant de plus en plus nombreuses. Du moins avant que le Covid vienne balayer le travail de la fédération, des ligues et des clubs. « Nous avons atteint les 12.800 joueurs et joueuses (NDLR : 2.000 filles) en fin de saison dernière », se félicitait Salvatore Zandona. « Mais avec le coronavirus, nous sommes sur un schéma d’une perte de 15 % d’affiliés », regrettait-il ensuite. La chute conséquente pour une discipline qui commençait à se faire une place au sein du monde sportif belge. « Nous avons dû retarder la saison afin que les joueurs puissent se préparer, ce qui en a peut-être refroidi certains, avant de devoir l’arrêter après quelques semaines. Cette perte sera lourde à endosser pour les clubs qui comptent sur les cotisations et les buvettes pour survivre. Nous espérons, donc, pouvoir les épauler, tout en poussant les pouvoirs locaux à les soutenir. »

Tout en gardant, dans un coin de la tête, que la Coupe du monde en France en 2023 pourrait, à nouveau, relancer la mécanique. « Lors de l’événement hexagonal en 2007, nous avions déjà vu une nette évolution des adhérents. Il y a donc de l’espoir. »

S.HE.

Le club de Frameries n’a guère été impacté jusqu’ici

« Pour les U12 et les catégories en dessous, il est plus facile de se faire une idée de la situation puisque nous les croisons encore régulièrement aux entraînements », confie Sébastien Brohé, président du RC Frameries. « Les enfants y sont d’ailleurs très présents. Bref, en ce qui concerne ces tranches d’âge-là, elles n’ont pas été impactées par la crise sanitaire. Nous avons même enregistré une légère augmentation par rapport à la saison précédente. Bien sûr, nous n’oublions pas les plus de 14 ans, avec lesquels nous essayons aussi de garder le contact, notamment par vidéo-conférence. Mais c’est plus compliqué ».

Une diminution des effectifs pourrait être ressentie en cas de saison blanche : « Nous pourrions alors craindre une forme d’exode au début de la prochaine campagne », poursuit le responsable framerisois. « Après autant de temps sans pratique sportive régulière, certains pourraient ne plus avoir envie de s’y remettre, ou pourraient tout simplement être tentés par d’autres centres d’intérêt… »

F.Mi.

Pas d’exode constaté à Mons, sauf les départs naturels

« Depuis le deuxième confinement, nous avons constaté une perte de contact avec nos membres », note Frédéric Housen, président du Cramonciau. « Ceci dit, nous n’avons pas été confrontés à un exode quelconque, hormis les départs naturels, soit les transferts et les fins de carrière. Pour le reste, nous verrons bien à la reprise, lors des premiers entraînements, s’il n’y a pas de crainte par rapport aux contacts ».

Concernant les jeunes, le club n’a pas non plus ressenti de baisse en termes d’affiliés. « Au contraire, même, le nombre des U12 et des catégories d’en dessous a légèrement augmenté. Les parents rassurés par nos nouvelles installations ? Peut-être. Cette hausse peut néanmoins surprendre dans la mesure où la « journée du temps libre pour les enfants et les jeunes », traditionnellement organisée dans le parc du Waux-Hall, n’a pas eu lieu cette année. Or, cette manifestation nous permet généralement de gonfler les effectifs… »

F.Mi.

Des Saint-Ghislainois passés du rugby à l’athlétisme

« Des garçons de chez nous, âgés d’environ 15 ans, nous ont quittés pour se diriger vers l’athlétisme, une discipline encore accessible seul et en plein air », précise Gilles Barigand, président. « Reviendront-ils vers nous quand l’évolution de la crise sanitaire le permettra ? Pas sûr. Je ne peux pas leur donner tort. Faire du sport a un coût. Or, ils n’ont quasiment pas, voire pas du tout, pu se produire en compétition cette saison. Et je ne me fais pas d’illusion : au train où vont les choses, il ne sera pas possible de disputer un championnat dans son intégralité. À partir de là, je peux comprendre la démotivation des sportifs à l’égard des disciplines collectives. Certains ont besoin d’objectifs précis, d’un calendrier et de perspectives pour avancer. Sans cela, ils ne jugent pas nécessaire de se maintenir en forme. Du reste, avec les contacts interdits, les seuls entraînements que nous pouvons proposer portent sur le physique, ce qui ne plaît pas à tout le monde. Parallèlement à cela, ils peuvent faire du judo et même participer à des stages en salle ! Aberrant et illogique ! Je ne veux pas parler de concurrence déloyale, mais il y a quand même matière à questions ».

F.Mi.

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