Stop ou encore? Ils votent «pour» la saison blanche de foot, par défaut

Flénu-Cuesmes du 13 septembre: pour du beurre?
Flénu-Cuesmes du 13 septembre: pour du beurre? - F.Mi.

Saïd Khalifa, le T1 d’Hornu, a fait une croix sur la saison depuis le Conseil national de sécurité de vendredi dernier. Décréter la saison blanche constitue donc, à ses yeux, la meilleure solution. La moins mauvaise, du moins. « Les conditions ne sont pas remplies pour reprendre convenablement. Le temps risque de manquer pour garantir une préparation optimale. Du reste, désigner des montants et des descendants au terme d’une demi-saison va fausser la compétition et engendrer des réclamations. De toute façon, la priorité va à la santé. Le reste, et notamment le foot amateur pratiqué par des gens qui bossent en journée, n’est que dérisoire. Je préfère donc tout stopper, oublier 2020-21 au plus vite et donner toutes les chances à un retour sur les terrains en juillet, si possible ».

Le coach des Bleus planche déjà sur le prochain exercice. « Nous sommes en train de fixer un calendrier de reprise et d’évaluer le noyau en fonction de la montée directe en D3 ACFF, l’objectif du club. En trois mois, nous avons pu nous rendre compte que certains joueurs ne cadraient pas avec le projet. Ceci dit, je ne me focalise pas sur les quatre matches disputés jusqu’ici et sur le bilan, plutôt moyen… »

Régime différent en jeunes

Du côté de Mesvin, le président Christophe Houdart est réaliste : « Le scénario idéal, idéaliste plutôt, à mes yeux : reprendre la saison le plus vite possible, et dans toutes les catégories. Mais c’est très utopique vu l’évolution de la crise. De manière « vitale », je vois mal comment redémarrer les championnats et en même temps, promettre les honoraires des ayants droit, si les buvettes ne peuvent pas rouvrir. En attendant, chez nous, joueurs et entraîneurs ont accepté d’être bénévoles jusqu’à ce que l’accès à la buvette soit de nouveau permis ».

Ce qui embête surtout le responsable des Canaris, c’est le régime différent imposé aux jeunes. « Il faut laisser de côté des équipes d’âge et autoriser les U12 et en dessous à jouer. Les U14 ne comprennent donc pas pourquoi les terrains leur sont interdits alors qu’ils peuvent aller à l’école. Pour les plus petits, encore une chance que les formateurs aient maintenu deux ateliers par semaine, tandis qu’un sponsor nous a offert 200 heures d’éclairage des terrains pour les séances du soir ». À propos des catégories supérieures aux U12, un autre problème se pose : « Les parents ont payé la cotisation pour un an. Or, les enfants n’ont joué qu’un mois et demi. Comment faire pour que tout le monde s’y retrouve ? »

Pour le président, la raison l’emporte sur l’envie. « Ce n’est pas ce que je veux, mais il vaut mieux arrêter maintenant plutôt que programmer dix matches sur base d’un calendrier qui sera encore difficile à respecter. Tout ça pour quoi ? Pour arriver à une demi-saison suffisante pour décréter des promotions et des relégations ? Les instances pourraient alors se préparer à traiter d’innombrables recours… En fait, je suis partisan d’une solution radicale, dans un sens ou dans l’autre : une reprise totale ou un arrêt définitif, sachant qu’il est difficile de motiver les joueurs sans perspective et sans… troisième mi-temps. Nous ne sommes que des amateurs, ne l’oublions pas ! »

Dramatique pour les clubs

Enfin, le CQ de la Furia Espanola, Maximino Fernandez, préférerait aussi la poursuite des compétitions. Mais il se rend à l’évidence : « Tout le monde veut jouer, c’est sûr. Cela permettrait de se changer les idées. Mais la santé n’a pas de prix ! Je crois donc qu’on ne va pas échapper à la saison blanche. Je me trouve en Espagne pour l’instant et ici, la situation est catastrophique. La troisième vague se profile. Et le cousin anglais du Covid qui menace… Il vaut mieux arrêter. Maintenant, c’est dramatique pour les clubs, confrontés à des factures qui tombent toujours. Heureusement que personne n’est payé chez nous. Pour l’instant, seuls les enfants s’entraînent et disputent des matches, avec toutes les précautions nécessaires. Mais au moindre relâchement, j’arrête tout ».

F.Mi.

Drôle de fin de carrière pour Fabien Duquesne, de l’AS Pommerœul-Ville

En août dernier...
En août dernier... - T.M.

Il risque de ne pas l’oublier, cette période Covid, qui pourrait aussi coïncider avec la fin de son parcours. « À 37 ans, je pensais mettre un terme à ma carrière à la fin de la saison », explique Fabien Duquesne, médian de Pommerœul. « Je ne voulais pas arrêter sur notre montée en P3. Ma décision n’est pas fixée, mais je crois quand même que je vais en rester là. Le confinement n’a pas eu que du mauvais. Je viens d’être papa, j’ai bien profité de la famille. Du reste, avec Destrain, Logeot, Lopes, Chabart, Lepinois et autres, nous avons découvert le padel, en plein essor auprès des footeux. Cette expérience nous a permis de prendre vraiment conscience des contraintes imposées par le foot les mardis, jeudis et dimanches. Et cela pourrait être une réflexion pour pas mal de joueurs, à mon avis. Il y a un temps pour tout, non ? »

Trop d’incertitudes

Fabien pense bien qu’il a déjà disputé son dernier match. « La situation reste grave. Et plus le temps passe, moins je me fais d’illusion. L’annonce d’une reprise en février avait été lancée en octobre ou novembre. À ce moment-là, c’était encore envisageable. Mais la crise perdure, et je vois mal comment nous pourrions nous retrouver en équipe, dans un vestiaire exigu. Le championnat précédent avait débouché sur des réclamations. Cette année, une reprise aboutirait à de nouveaux tiraillements. Et puis, qui sait s’il sera possible de disputer dix matches, avec la troisième vague qui semble inéluctable ? L’envie est là, mais la santé passe avant tout. Il y a trop d’incertitudes. Suivre l’exemple de la fédération de basket me semble donc la meilleure option. D’autant que les buvettes resteraient fermées. Or, sans rentrée, ce n’est pas tenable pour les clubs. Enfin, il y a le risque de mettre à mal les efforts consentis ces dernières semaines ».

Malgré tout, Fabien et ses potes avaient anticipé une reprise. « Maintenant, se remettre en forme physique, c’est bien, mais insuffisant. Les exercices liés au foot n’ont rien à voir avec un simple travail de fond. Il faudrait donc quatre à cinq semaines de préparation pour se relancer en compétition et limiter les risques de blessures. Or, nous n’avons plus ce temps-là… » En effet.

F.Mi.

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