Foot: le report de la décision pour les championnats amateurs pose question

Luigi Papia, T1 d’Havré, ne comprend pas un tel acharnement.
Luigi Papia, T1 d’Havré, ne comprend pas un tel acharnement. - E.G.

Selon les derniers plans établis, les entraînements étaient censés reprendre le 15 janvier, avec un nouveau coup d’envoi des championnats donné à partir de mi-février. Avec, comme conditions posées par les responsables du foot amateur et par les clubs, l’accès aux vestiaires et la réouverture des buvettes. Déjà ainsi, cela semblait assez compliqué. D’abord, le timing s’annonçait serré pour arriver au quota des 15 matches nécessaire pour valider les compétitions. Et puis, vu l’évolution de la pandémie, les deux conditions sous-jacentes avaient peu de chances d’être rencontrées. À partir de là, la plupart des acteurs, pourtant en manque de leur passion, plaidaient pour une saison blanche. Eh bien, non ! Du moins, pas encore. Alors que le temps qui passe joue clairement en défaveur d’une reprise officielle, les responsables du foot amateur ont préféré temporiser, dans une sorte d’ultime tentative pour sauver l’exercice 2020-21. Ou ce qu’il en reste.

« Risquer de ruiner tous les efforts consentis depuis près d’un an ! »

« Je ne comprends pas du tout comment on peut s’obstiner à vouloir clôturer cette saison qui ne ressemble déjà plus à rien ! », lance Luigi Papia, l’entraîneur d’Havré. « Il y a dix jours, j’ai fêté le Nouvel An sans mes parents de plus de 60 ans que j’ai voulu préserver. Par contre, on va me demander d’ici peu de réunir entre 20 et 25 joueurs sur un terrain ? Agir ainsi, c’est risquer de ruiner tous les efforts consentis depuis près d’un an ! Et puis, pourquoi ? Que cherchent-ils ? Quel retour positif pourrait-on obtenir d’une fin de saison disputée à la va-vite et sans garantie ? Qui nous dit qu’après trois journées, il ne faudrait pas de nouveau tout stopper à cause du variant anglais ? Sans parler des remises en raison de la météo et/ou des mauvais terrains rencontrés à cette période… C’est complètement aberrant. En plus, le nombre de cas positifs repart à la hausse. Où en sera-t-on le 22 ? »

« Tous les sports ont opté pour la saison blanche, sauf le foot ! »

Le T1 des Mauves estime, du reste, que personne ne serait lésé en cas d’interruption définitive. « En gros, les équipes ont disputé quatre matches jusqu’ici. Celle qui a réussi le sans-faute n’est encore sûre de rien dans la course au titre. Et le mauvais élève, avec 0/12 au compteur, a encore toutes ses chances de maintien. Dès lors, pourquoi ne pas arrêter une fois pour toutes et attendre que le vaccin fasse effet, avant de commencer à reconstruire pour la campagne suivante ? À part des intérêts financiers, je ne m’explique pas un tel acharnement. Tous les sports ont opté pour la saison blanche, sauf le foot ! » Et de conclure : « Si le 22, on me demande de revenir, c’est non ! De toute façon, jamais on ne reprendra. Comment motiver les joueurs après une si longue absence ? Et surtout, allez expliquer aux restaurateurs qu’ils ne peuvent pas rouvrir pour gagner leur croûte, mais que les footballeurs amateurs, eux, ont le droit de se remettre en route. Franchement, cette perspective me rend fou ! »

F.Mi.

À l’USGTH, l’envie ne manque pas, mais la sagesse l’emporte

Nathalie Deswez, la CQ de l’USGTH, est moins catégorique, même si elle ne doute guère de l’issue des discussions. « Au club, nous nous sommes mis en tête que la saison ne reprendrait pas. Nous partons de ce principe-là. Que la décision soit postposée au 25 janvier ne change donc pas grand-chose pour nous. En plus, au niveau féminin en particulier, nous dépendons de Bruxelles, et non pas de l’ACFF, tout en faisant partie du foot amateur… Sur papier, nous pouvions relancer les entraînements la semaine prochaine, avec un programme de matches dès février. Mais sur base des derniers chiffres de la pandémie, nous avons compris qu’il y aurait peu de chances que la saison reprenne. Les filles entretiennent toujours l’espoir, les entraîneurs aimeraient bien remonter sur le terrain, mais il faut rester lucide : comment renouer avec la compétition dans les conditions actuelles ? Et je ne parle même pas des buvettes. Par contre, l’accès aux vestiaires, c’est vraiment le minimum. Pour « avant » les entraînements et les matches, mais surtout pour l’« après ». D’autant que l’hiver est là, que le froid s’est installé et que les terrains deviennent gras… Or, nous doutons que cette condition liée aux vestiaires puisse être rencontrée ».

Et les Français de la D3 ?

Pour les jeunes garçons et les seniors de l’Union, la sagesse est aussi de mise. « Ils ne voient pas d’autre issue qu’une saison blanche. D’autant que pour eux, la buvette fait quand même partie des choses essentielles. Sans cet apport, on va droit dans le mur ». Se réentraîner en janvier pour retrouver la compétition en février, comme l’espère la fédération ? « Ça tiendrait la route. S’il y a moyen de disputer 14 ou 15 matches, pourquoi pas ? Du reste, l’envie ne manque pas. Ceci dit, il faut tenir compte des joueurs qui pourraient encore être testés positifs, avec les reports de matches qui suivraient, comme ce fut déjà le cas pour nous. Sans parler que notre D3 ACFF comprend beaucoup d’éléments français. Or, de l’autre côté de la frontière, le couvre-feu est encore plus strict que chez nous. Tout cela me fait dire qu’une reprise nécessiterait une gestion très compliquée. C’est beau de s’accrocher, mais un moment, il faut se résoudre et s’en remettre à la sagesse ».

F.Mi.

Chièvres: «Pourquoi pas? Mais pas sans buvette!»

Eddy Paternotte, le président des Aviateurs, comprend la fédération. Jusqu’à un certain point… « Elle est sur le qui-vive et cherche une solution. Mais y en a-t-il seulement une bonne, de solution ? C’est très compliqué, d’autant que les chiffres de la crise sanitaire repartent à la hausse. De notre côté, les joueurs ont envie de se replonger dans la compétition. Moi je veux bien, mais pas question d’envisager une reprise sans buvette et surtout sans vestiaire, à cette période de l’année. Et puis, reprendre à nouveau et être arrêté quinze jours plus tard à cause du Covid, cela ne rime pas à grand-chose. Bref, autant encore patienter un peu. Mais surtout, qu’on sache quoi au plus vite ! »

Passionné de tennis, l’ancien capitaine des Dragons montois en est privé pour l’instant, ce qui l’interpelle : « La semaine dernière, j’étais aux Grands Près où une affiche, à l’entrée d’un petit magasin, annonçait maximum 30 personnes. Mais nous, nous ne pouvons pas nous retrouver à quatre sur un terrain de tennis beaucoup plus grand… Comprenne qui pourra. »

F.Mi.

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