La capsule temporelle de Saint-Ghislain, témoin du Covid, sera rouverte dans 20 ans

Les élèves de 4e année du lycée Charles Plisnier.
Les élèves de 4e année du lycée Charles Plisnier. - D.R.

C’est une belle façon de dire au revoir à leurs années lycée. Les élèves de 4e année s’en iront en effet finir leurs secondaires dans d’autres écoles, dès le mois de septembre. Car l’enseignement s’arrête au second degré, au lycée Charles Plisnier de Saint-Ghislain.

Pour marquer le coup, le professeur d’anglais et néerlandais Brandon Daussin a eu une idée lumineuse : réaliser une capsule temporelle qu’on ne pourra rouvrir que dans 20 ans, en 2041. « La capsule temporelle, c’est un concept qui fait fureur aux États-Unis. Quand je l’ai proposé à mes élèves, ils ont tout de suite adhéré. Ils ont tous au moins déjà vu un film ou une série où on enterrait une capsule temporelle. Nous avons donc réalisé notre propre capsule, version crise sanitaire ».

La capsule a été enterrée ce mercredi.
La capsule a été enterrée ce mercredi. - D.R.

Masque, gel et Netflix

Les ados ont travaillé dessus toute l’année scolaire. « Ils ont chacun rédigé un écrit personnel d’environ 300 à 400 mots, que j’ai corrigé pour la langue. Ils ont recopié la lettre et l’ont glissée dans une enveloppe. Ils y parlent des changements vécus avec le Covid, quand on a fermé l’école. Mais aussi de l’évolution de l’enseignement, des embûches qu’ils ont rencontrées. Dans les lettres, on voit que 50 % des élèves sont pour le distanciel. Ils disent que c’est chouette car on peut se lever plus tard, qu’on ne doit pas se préparer. Et qu’on peut manger tout en écoutant l’enseignant. Mais ils reconnaissent aussi l’importance d’être à l’école », souligne l’enseignant.

Les élèves ont aussi dû se projeter en 2041. « Je leur ai expliqué que les élèves qui ouvriront la capsule en 2041 ne sont pas encore nés… Ça les a marqués. Chacun a imaginé le lycée version 2041 et la crise du Covid. Ils se sont aussi projetés au niveau de leurs attentes personnelles, professionnelles et familiales ».

Un journal La Province, des lettres, des objets,...
Un journal La Province, des lettres, des objets,... - D.R.

Se projeter dans le futur

Dans la capsule, outre les lettres des élèves, du directeur et de certains enseignants qui ont rejoint l’initiative, il y avait aussi des objets ! « Pour représenter notre époque, les élèves ont inséré un masque, un tube de gel hydroalcoolique, mais aussi une photo de Netflix et un « handspinner », sorte de toupie qu’on actionne avec les doigts et qui faisait fureur il y a quelques années dans la cour de récré ».

Le « yearbook » 2020-2021 du lycée Charles Plisnier a aussi été glissé dans la capsule temporelle. On y retrouve les photos des membres du personnel et des élèves, qui ont élu le prof le plus : drôle, strict, ponctuel… Un journal La Province à la date du jour a également pris place aux côtés des souvenirs des élèves.

À redécouvrir dans 20 ans!
À redécouvrir dans 20 ans! - D.R.

La capsule enterrée

« La boîte a été scellée et enterrée sous une dalle d’un patio qui n’est pas fréquenté par les élèves. On va remettre la dalle en sens inverse et graver dessus qu’une capsule temporelle a été enterrée là et qu’il faut la déterrer le 2 juin 2041 », précise encore Brandon Daussin, qui n’est pas fermé à l’idée de réitérer l’expérience. « J’en parlais au directeur, on a encore des dalles, alors pourquoi ne pas recommencer les années prochaines… Plutôt que de travailler à l’ancienne avec des correspondants fictifs, ça permet aux élèves de 4e de laisser une trace. Et comme ils nous quittent de manière impersonnelle cette année, sans soirée ni souper, je pense qu’ils ont trouvé du réconfort dans ce projet ».

Rendez-vous le 2 juin 2041 !

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