Assises de Mons: le procès d’Alain Brondelet débute avec un juré en moins

L’accusé et la victime, à droite. Patrick a succombé à ses blessures.
L’accusé et la victime, à droite. Patrick a succombé à ses blessures.

Le 11 avril 2019, une violente bagarre éclate entre Alain Brondelet et Patrick Candaten, deux hommes qui habitaient dans le même immeuble situé le long de la rue de la Petite boucherie, dans le centre de Mons. La scène s’est déroulée devant deux témoins, deux jeunes garçons qui aidaient le duo à faire des travaux dans l’appartement : le neveu de la victime et un ami. Patrick Candaten a succombé à ses blessures.

Alain Brondelet, qui était sous probation après avoir été condamné par le tribunal correctionnel, a été arrêté le lendemain à son retour à Mons.

Le procès est présidé par Adrien Van der Linden d’Hoogvoorst, conseiller à la cour d’appel. Marc De Brackeleer représente, lui, l’accusation. La défense de M. Brondelet est elle assurée par Me Jérémie Berger et Me Gwenaëlle Batistelli du barreau de Mons.

Hospitalisé

Une partie civile, proche de la victime, est présente mais aucun avocat ne la représente.

Un juré fait défaut car il a dû être hospitalisé en urgence, selon la cour. Le jury est maintenant d’une parité parfaite.

Ce jeudi, l’avocat général lira l’acte d’accusation et le président interrogera l’accusé dans la foulée dans le cadre de l’instruction d’audience. Les enquêteurs et le juge d’instruction seront attendus jeudi après-midi.

A Mons, Alain est jugé pour le meurtre de son voisin Patrick, tué devant son neveu

Alain Brondelet à gauche et Patrick Candaten à droite.
Alain Brondelet à gauche et Patrick Candaten à droite. - D.R.

Alain Brondelet et Patrick Candaten habitaient dans le même immeuble, au 20 de la rue de la Petite Boucherie à Mons. Le 10 avril 2019, une violente dispute éclate entre eux. Patrick est retrouvé mort le lendemain matin dans son studio, par un autre locataire de l’immeuble et l’un de ses amis. La victime avait de nombreuses lésions au visage et les murs de son studio étaient recouverts de sang. Le désordre régnant dans la pièce laissait à penser qu’il y avait eu une bagarre.

Le corps de Patrick a été retrouvé dans cet immeuble.

Le juge d’instruction désigné pour mener l’enquête ordonne une série de devoirs au sein de l’immeuble mais aussi dans l’entourage de la victime et dans le voisinage.

Un différend financier

Interrogée par la police, la petite amie de la victime raconte que Patrick avait un différend d’ordre financier avec Alain Brondelet. Ce dernier lui réclamait de l’argent, de manière virulente, après la réalisation de travaux dans son logement. Cette information fut confirmée par le propriétaire de l’immeuble qui, le 10 avril en soirée, avait reçu un coup de téléphone d’Alain lui indiquant que Patrick lui devait de l’argent. Alain semblait ivre.

Dans la rue de la Petite Boucherie.

Sur la scène de crime, les enquêteurs relèvent une trace de semelle sur la porte, ainsi que des outils couverts de sang.

Jason et Kyllian, témoins

L’enquête de voisinage est menée mais un locataire de l’immeuble manque à l’appel. Alain Brondelet, défavorablement connu de la justice, était en pleine probation depuis sa dernière condamnation pénale, prononcée en mars 2019. Il devait notamment résider à Quiévrain mais les policiers ne le retrouvèrent pas en bord de frontière.

Toutefois, quand ils arrivèrent chez la maman d’Alain Brondelet, ils furent accueillis par Jason, le neveu de la victime, qui leur demanda s’ils venaient pour les faits qui s’étaient déroulés la veille à Mons. Kyllian était également présent. Les deux jeunes furent entendus comme témoins par la police. Ils racontèrent la scène de crime car ils étaient présents quand Alain a porté des coups à Patrick.

Patrick Candaten avait 41 ans.

Selon les deux garçons, les quatre hommes ont travaillé dans l’immeuble le 10 avril mais Alain vidait les canettes de bière et de whisky, les unes après les autres, en reprochant à Patrick de ne pas beaucoup travailler. Vers 17h30, une bagarre éclate entre les deux hommes.

Une violente bagarre

Alain prend rapidement le dessus sur son adversaire, le tirant vers la cuisine pour le frapper de coups de poing et de pied, notamment au niveau du visage. Pétrifiés par la violence de cette scène, les deux jeunes prennent la fuite.

Les policiers se lancent alors à la chasse au suspect. Sa mère fut interrogée. Elle précise à la police que son fils lui avait raconté qu’il s’était battu avec le locataire du dessous. Alain était rentré à Quiévrain la veille, il s’est changé et il est reparti vers 22h30. Elle ne l’avait plus vu depuis lors.

Alain est en aveux mais nie avoir eu l’intention de tuer Patrick.

Il fut arrêté le lendemain, en se rendant à la rue de la Petite Boucherie où la police était en plein travail. Sur lui, les policiers retrouvèrent un coup-de-poing américain. Il fut privé de liberté et auditionné. Il confirme alors s’être battu avec la victime car celle-ci l’insultait, tout en consommant de l’alcool. Toutefois, il prétend que son adversaire avait tenté de le frapper avec l’arme blanche retrouvée dans sa poche, qu’il appelle un « casse-gueule ». Il lui a alors porté un violent coup de poing dans le nez, ce qui a provoqué une hémorragie, d’où les traces de sang retrouvées sur le sol. Il dit être surpris d’apprendre le décès de son voisin.

Un coup-de-poing américain

Alain confirme cette version chez le juge d’instruction mais il parle de trois pêches et de trois claques, portées au visage et au cou. Il conteste le vol des cent euros.

Sa première version ne colle pas aux constatations médico-légales et aux déclarations des deux témoins. Sa version évoluera au fil du temps pour se rapprocher des éléments relevés par les enquêteurs. Il est en aveux du vol, des coups mais il conteste l’intention d’avoir voulu tuer son voisin. Il sera jugé aussi pour port d’une arme prohibée et menaces d’attenter à la vie des deux jeunes hommes témoins directs des faits.

Son procès est prévu pour une durée de quatre à cinq jours.

Notre sélection vidéo
Aussi en Faits divers