Le procès d’Isabelle Lambert continue pour le meurtre de son compagnon Franck Frissen

Le procès d’Isabelle Lambert continue pour le meurtre de son compagnon Franck Frissen
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Isabelle Renaud-Muylkens a analysé les prélèvements relevés sur l’accusée et la victime le soir des faits. Franck Frissen était sous influence importante de l’alcool (1,84 gr/l) et de deux antidépresseurs. Aucun produit stupéfiant n’a été mis en évidence. Selon les calculs de l’expert, il avait bu l’équivalent d’un litre et demi de bière.

Isabelle Lambert, quant à elle, avait aussi un taux d’alcool important (1,76 gr/l) dans le sang, prélevé quatre heures après les faits. Au moment des faits, elle avait donc 2,44 gr/l de sang, estime l’expert. Des traces de médicaments, en concentration thérapeutique, ont été relevées. Isabelle Lambert pesait, au moment des faits, cinquante kilos. L’expert estime que l’accusée a bu l’équivalent de 3,3 litres de bière dans l’heure précédant les faits, alors qu’elle venait de sortir d’une cure de désintoxication à l’alcool.

Une amnésie questionnée

L’expert a été interrogé sur l’amnésie dont fait état l’accusée. Isabelle Lambert prétend qu’elle ne se souvient pas d’avoir mortellement frappé Frank Frissen avec un couteau de boucher, à l’épaule et au thorax. Dans la littérature, le médicament pris par l’accusée (Dropéridol) peut engendrer une perte de la mémoire. Le président a toutefois remarqué que ce médicament a été administré par le SMUR après les faits. L’expert estime qu’il n’est pas impossible que cette prise de médicament engendre une amnésie, car il accentue les effets de l’alcool.

Les experts en santé mentale viendront apporter un complément d’informations à ce sujet, lors de leur audition prévue mercredi matin devant la cour.

Des menaces

Par ailleurs, la cour d’assises du Hainaut a auditionné, S.M., un homme à qui Isabelle Lambert, accusée du meurtre de Frank Frissen, avait proposé un plan à trois, en mars 2015. Au cours de la nuit, l’homme avait été menacé et chassé de l’appartement par Franck Frissen à l’aide d’un couteau.

Le 13 mars 2015, le témoin s’est présenté au domicile du couple. « Ils avaient un peu bu (…). On a fait ce plan à trois. Puis à cinq heures du matin, Frank a essayé de me chasser en me menaçant avec un couteau. Je l’ai maîtrisé et il s’est calmé », a-t-il relaté, sans pouvoir expliquer le changement d’attitude de la victime.

Le témoignage de la voisine

C’est la voisine d’Isabelle Lambert qui avait fait la macabre découverte et qui avait appelé les secours. A.R, 38 ans, avait entendu Isabelle crier dans les escaliers « il est mort, il est mort ». Le témoin avait pensé que Franck Frissen avait fait une tentative de suicide. « Je suis montée, elle avait le couteau dans la main gauche et le téléphone dans la main droite. Lui était sur le sol, décédé », a raconté le témoin.

« Elle disait que c’était un homme qui était là, avant. Elle expliquait que c’était cette personne qui avait poignardé son compagnon ». Toutefois, le témoin était certain qu’ils n’étaient que deux dans l’appartement. Le témoin n’avait pas entendu la porte d’entrée de l’immeuble s’ouvrir, alors qu’elle faisait du bruit, et n’avait entendu personne dans les escaliers.

Plus tôt dans la journée, Isabelle lui avait expliqué qu’elle allait déménager. Il était 19h30, soit une demi-heure avant le crime. « Elle m’a demandé le numéro de téléphone d’un certain Grégory et elle est remontée », a poursuivi le témoin qui ne se souvenait plus comment était vêtue l’accusée. Toutefois, elle se souvenait de son humeur. « Elle était enjouée, elle avait un discours cohérent ». Le témoin ne se rappelait pas d’avoir vu des marques de coups sur le visage de l’accusée.

Des disputes quotidiennes

Le témoin n’avait pas entendu un bruit particulier ce soir-là, mais a ajouté que le couple se disputait très souvent. Il y avait des cris. Un jour, elle était montée et elle avait vu Franck qui bousculait Isabelle de manière très violente. « Il la lançait comme un sac », a dit le témoin.

Elle ignorait l’origine des disputes au sein du couple, « car Franck ne voulait plus que j’aille chez Isabelle ». Elle pensait que Franck manipulait Isabelle. « Je pensais bien qu’un drame allait se passer, mais je pensais que c’était lui qui allait la tuer », a déclaré le témoin.

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