L’équipe Bahrain Victorius accusée d’avoir utilisé de la Tizanidine

L’équipe Bahrain Victorius accusée d’avoir utilisé de la Tizanidine
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D’abord, il y a les faits. Irréfutables. La formation Bahrain Victorius a été perquisitionnée, avant la dix-huitième étape du dernier Tour de France, par une cinquante de gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Depuis, plus rien. Aucun commentaire officiel, d’un côté comme de l’autre. Rien n’a fuité sur les motivations des gendarmes. Reste donc, comme souvent dans ces cas-là, les bruissements, les rumeurs, l’opprobre du coup renforcée et sans autre forme de procès sur Mark Padun, auteur d’un doublé aussi montagneux qu’inattendu au Dauphiné, par exemple. Les haussements de sourcils quand Dylan Teuns (une étape) et Matej Mohoric (à deux reprises, dont une célébration avec un doigt devant la bouche à Libourne) s’imposent sur la Grande Boucle.

Ces dernières heures, alors que la saison cycliste referme son chapitre annuel, le dossier revient pourtant sur le devant de la scène. En cause, le quotidien Ouest France qui cite des « scientifiques strasbourgeois qui ont eu à analyser des prélèvements réalisés sur les cheveux des coureurs ». De la Tizanidine aurait été retrouvée sur les échantillons capillaires de trois d’entre eux, toujours selon le journal hexagonal, qui précise bien qu’aucune partie n’est nommément ciblée.

La Tizanidine est un médicament utilisé dans les cas de scléroses en plaques. Pour simplifier à outrance, il agit sur les muscles et permet de les relaxer. Précision ô combien importante, ce médicament ne se trouve pas sur la liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). De facto, même si l’affaire était officielle et avérée, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle, il ne s’agirait donc pas d’un manquement aux règles antidopage. Plutôt d’un vide juridique, une sorte de « dopage légal », même si cette association est totalement antinomique. Un énorme problème éthique, aussi et surtout.

Ce vendredi matin, la formation où pédale le champion d’Europe et vainqueur de Paris-Roubaix Sonny Colbrelli, a réagi par le biais d’un communiqué. « L’équipe Bahrain Victorious et aucun de ses coureurs n’ont été officiellement ou officieusement informés de toute découverte liée à la Tizanidine ou à d’autres substances », indique-t-elle dans ces quelques lignes. « L’équipe tient à souligner que les auteurs de l’article scientifique auquel se réfèrent toutes les allégations ont souligné sans ambiguïté que la Tizanidine n’est pas une substance interdite dans le sport. L’équipe consulte des conseils juridiques sur la nature dans laquelle ces informations ont été publiées pendant qu’une enquête en cours sans que l’équipe en soit informée, ce qui a eu un impact sur la réputation de l’équipe. Pour le moment, l’équipe n’a pas d’autres commentaires. »

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