Pour les parties civiles, l’incendie qui a tué Sophie Wauters est volontaire

Pour les parties civiles, l’incendie qui a tué Sophie Wauters est volontaire
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Selon eux, l’incendie qui a provoqué la mort de Sophie Wauters n’est pas accidentel comme le soutient l’accusée.

Me Benjamin Brotcorne a mis en évidence plusieurs éléments qui, selon lui, écarte la thèse accidentelle : les menaces de bouter le feu au bâtiment proférées par l’accusée à plusieurs reprises à cinq personnes différentes les jours précédents les faits. L’accusée était en litige avec le propriétaire de l’immeuble qui n’avait pas voulu reconduire le bail, arrivé à échéance la veille des faits.

L’avocat estime que les témoignages des experts en incendie, qui écartent la thèse accidentelle, sont accablants pour l’accusée. Selon la seconde expertise, l’incendie aurait dû naître une heure quarante-huit après l’allumage de la bougie. Or, l’accusée prétend avoir allumé la bougie à une heure du matin et elle s’est réveillée sept heures plus tard. Aussi, selon l’expert, la température était très élevée. Or, le kot dans lequel le feu a pris, et dans lequel dormait l’accusée, mesurait pas plus de dix mètres carrés.

L’avocat a mis en évidence la personnalité de l’accusée, une fille marginale qui a tendance à passer facilement à l’acte, selon les psychologues. « Mardi, son père a déclaré qu’elle fonçait tête baissée et réfléchissait après », a-t-il ajouté.

Me Brotcorne a contesté le polygraphe qui a démontré que l’accusée ne mentait pas à la question sur l’incendie volontaire. « Elle a démontré que toute sa vie reposait sur le mensonge. De plus, elle a passé ce test sous antidépresseurs, ce qui a des conséquences sur le résultat. »

Me Vervaeke, avocate d’un locataire de l’immeuble blessé dans l’incendie, ne croit pas non plus à la thèse accidentelle. Ce matin-là, son client a été sauvé en se réfugiant sur un balcon. Il fut sauvé par des badauds passant dans la rue, qui lui ont permis, ainsi que son ami, de descendre par une échelle. « Mon client est convaincu d’avoir été sauvé par les cris de la victime, sa voisine, qui l’ont réveillé », a déclaré l’avocate.

Selon l’avocate, la colère de l’accusée, le mobile, a débuté quand la police est venue saisir le chien de son compagnon, qu’elle ne nourrissait pas alors que son petit ami était en prison. Le non renouvellement du bail a accentué sa colère et son intention de mettre le feu à l’immeuble situé le long de l’avenue Victor Maistriau.

Enfin, Me Valentine Lienard, avocate de la propriétaire de l’immeuble, estime également que l’incendie est volontaire. L’avocate montoise a mis en évidence, dans sa plaidoirie, les contradictions dans le discours de l’accusée, dans les heures qui ont suivi les faits. Comme ses confrères, elle estime que les expertises en incendie démontrent le caractère volontaire de l’infraction.

Les parties civiles ont posé la question de l’incendie involontaire, à titre subsidiaire.

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