Gestion de la crise Covid: le Setca dépose plainte contre le Shape

Une plainte contre le Shape.
Une plainte contre le Shape. - Archives / E.G.

« Le personnel civil du Shape est obligé d’informer son employeur quant au nombre de vaccins reçus, sans quoi c’est le licenciement », dénonce le Setca dans un communiqué.

Le syndicat explique que chaque travailleur doit remplir un tableau dans lequel il doit fournir de nombreux renseignements : est-il vacciné, combien de doses reçues ? sa situation familiale ? des symptômes ? etc.

« Si le travailleur présente des symptômes, il doit s’entretenir avec un médecin de l’hôpital de la base et donner encore d’autres renseignements », précise le Setca. « Mais l’interrogatoire ne s’arrête pas là. Un responsable de la base militaire téléphone au travailleur en le questionnant. » Et d’ajouter encore : « Certains travailleurs ont été menacés de licenciement s’ils ne répondaient pas au questionnaire et au processus mis en place par les autorités du Shape. »

« C’est illégal »

Pour le syndicat, demander de tels renseignements privés est tout simplement scandaleux. « Ce procédé est tout à fait illégal, mais plus rien ne nous étonne lorsqu’il s’agit des pratiques du Shape. Il est clair que le but recherché est d’interdire l’accès à la base du Shape aux non-vaccinés. »

Le Setca a donc décidé de déposer plainte.

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De son côté, le Shape réfute bien entendu toutes ces accusations. La base militaire affirme qu’elle respecte les droits de son personnel, qu’il soit civil ou militaire. Le Shape fait savoir également que l’accès à la base n’est en aucun cas lié à la vaccination des personnes qui souhaitent entrer. « Nous avons simplement un suivi extrêmement fin de la situation et de notre population, explique un officiel du Shape. Nous imposons les gestes barrières, nous prônons le télétravail quand c’est possible… Nous recommandons fortement la vaccination car c’est pour le moment la seule option de sortie de crise, mais nous ne l’imposons pas. »

Et d’expliquer que depuis le début de la crise, fin 2019, un rapport quotidien est établi sur la situation Covid de la base. « C’est nécessaire pour connaître notre situation sanitaire, pour rester opérationnel malgré la pandémie. » Le Shape reconnaît un suivi « rigoureux et discipliné », avec des mesures préventives fortes, mais réfute l’obligation et les licenciements.

« Certains pays obligent leurs militaires à se faire vacciner, explique encore le service presse du Shape, pour des raisons logiques. Si un militaire contamine les autres, votre mission s’arrête. Mais c’est différent pour la population civile. La vaccination obligatoire est discutée dans différents pays, mais ici, nous suivons ce que prône la Belgique : le vaccin est recommandé, pas imposé. »

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