Formule 1 : quand Netflix ne fait pas mieux que la vraie F1

Formule 1 : quand Netflix ne fait pas mieux que la vraie F1
PanoramiC

Il faut bien l’admettre, ce n’est pas l’usage. Mais on ose tout de même parier que les fans de F1 qui se sont rués sur Netflix vendredi matin, et ceux qui vont les suivre, ont tous fait ou feront la même chose: commencer par visionner les épisodes 9 et 10 de la série Drive to survive. A quelques jours du début de la (vraie) saison de Formule 1 (le 20 mars à Bahreïn), c’est peu dire que le quatrième opus de cette série qui, l’an dernier, a occupé la première place mondiale (toutes catégories confondues) sur la chaîne de streaming la semaine de sa sortie, était particulièrement attendu.

Quoi de plus normal dans la foulée d’une saison reconnue comme l’une des plus disputées de ces dix ou vingt dernières années, et dont le dernier Grand Prix a compté parmi les événements sportifs les plus regardés au monde en 2021? Et aussi les plus controversés! Les deux derniers épisodes consacrés à cette saison de folie qui a vu émerger Max Verstappen à l’issue du tout dernier tour du dernier Grand Prix étaient précisément consacrés à cette fin de saison disputée au Moyen-Orient.

Et le moins qu’on puisse écrire est que ces deux épisodes ont à nouveau constitué une très belle pub pour la F1… mais beaucoup moins pour la série! Toute la dramatisation savamment orchestrée autour de ces tranches de vie saisies dans le paddock par des équipes de tournage qui pratiquent le marquage à la culotte comme personne, perd un peu de sa vigueur, voire carrément de son sens, dans le cadre d’un événement qui n’en avait pas besoin. Ce duel Hamilton-Verstappen était à ce point haletant qu’il n’avait nullement besoin qu’on y ajoute quoi que ce soit. Et si la F1 s’en sort dès lors très bien, on a envie de dire que, du coup, c’est cette dramatisation à outrance, voulue par les réalisateurs – et notamment façonnée par un montage au cordeau, de faux commentaires en direct, ou l’usage répété de ponctuations sonores – qui passe beaucoup moins bien! D’une phrase, on peut affirmer qu’on n’a pas découvert un élément qui aurait pu nous avoir échappé en marge de la phase décisive de ce formidable duel au travers de tout ce qui en a été montré en direct (les conversations radio, etc.) ou des conséquences qu’il a pu avoir (l’éviction du directeur de course, etc.).

Cela fait inévitablement écho au refus de Max Verstappen de prendre part de manière directe à la série qu’il dit «trop scénarisée». Et son absence se sent! Là où on aurait aimé des échanges à «armes égales» entre Lewis Hamilton et celui qui lui a désormais succédé au palmarès de la F1, on a plutôt trouvé quelques anecdotes – de moins en moins spontanées – autour de la haine corse que se vouent Toto Wolff et Christian Horner, les patrons respectifs des deux champions. Leur inimitié a bien sûr participé à la tension qui a sous-tendu toute cette saison, mais ce ne sont tout de même pas eux qui étaient derrière le volant!

Nouvelle jeunesse

Alors, c’est sans doute dans les autres épisodes que l’on trouve davantage ce qui a pu faire le succès et la singularité de Drive to survive et partant de toute la Formule 1! Car il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain: ces incursions dans les coulisses, ou surtout ces tranches de vie saisies parfois très loin de la fureur des circuits, ont contribué à la nouvelle jeunesse que s’est trouvé dans tous les sens du terme ce sport planétaire… depuis qu’il est sorti du giron de Bernie Ecclestone.

Après avoir façonné la F1 pour qu’elle devienne en certaines circonstances un bizness avant de demeurer un sport, Bernie Ecclestone s’était braqué dans ses dernières années de règne contre certains leviers qui semblaient pourtant évidents. Pas question par exemple d’autoriser les écuries à user des réseaux sociaux, pourtant devenus incontournables, pour communiquer. Avec l’entrée en scène des Américains de Liberty Media, un vent de modernité a soufflé sur la F1 qui en profite désormais, en pouvant notamment s’appuyer sur la jeune génération, d’abord touchée par Netflix, ensuite convaincue par le sport et la personnalité de certains de ses acteurs, enfin rassasiée par le flux que génère désormais la compétition sur les réseaux. Mais attention car celle-ci devient plus connaisseuse et donc plus réticente à tout ce qui est «arrangé».

Tous les chiffres d’audience explosent. Plus facilement sur ces fameux réseaux où la F1 est en l’occurrence partie de… zéro, que sur les télés devenues payantes pour la plupart. Pas besoin d’en rajouter artificiellement dès lors: les acteurs sont assez bons comme ça.

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