Mons: l’incroyable solidarité pour Vasyl, sa femme et ses quatre enfants (VIDEO)

Vasyl est arrivé la semaine dernière en Belgique.
Vasyl est arrivé la semaine dernière en Belgique. - Sudinfo

Depuis le début de la guerre en Ukraine, il y a un mois, des millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, sur lequel pleuvent les bombes. Ils sont déjà environ 20.000 à être arrivés en Belgique. Depuis le premier jour, la solidarité des Belges envers les réfugiés ukrainiens s’est manifestée de diverses manières : dons d’argent, proposition d’hébergement, etc.

Mais à Saint-Symphorien, dans la région de Mons, la solidarité envers une famille ukrainienne a dépassé tout ce qu’on peut imaginer.

Ce mercredi, nous avons reçu dans le studio de Sudinfo trois personnes. Vasyl Shtefiuk est parvenu à quitter l’Ukraine avant que le gouvernement ne décide que les hommes devaient aller se battre. Il est arrivé avec sa femme Orysia et leurs quatre enfants à Saint-Symphorien. Mais il laisse aussi une fille (mariée et mère de famille) en Ukraine, et une autre qui vit en Pologne. Vasyl était accompagné de Simon, un entrepreneur Bruxellois qui nous a servi d’interprète. Et de Lætitia, « porte-parole » d’un mouvement de quartier qui a tout mis en œuvre pour accueillir Vasyl et sa famille dans les meilleures conditions.

« Un monsieur a mis à leur disposition une maison en travaux, que tout le village, avec l’aide de Simon qui travaille dans le bâtiment, a rénovée jour et nuit durant trois jours afin que tout soit prêt quand Vasyl et sa famille sont arrivés, mercredi dernier. La maison est rénovée, meublée, on a acheté tout ce dont ils avaient besoin », explique Lætitia. Les bénévoles ont même acheté des vêtements, de la nourriture, de l’électroménager, des jeux et même des vélos pour les enfants ! Une générosité qui dépasse tout, incroyable, remarquable.

Entre inquiétude et soulagement

« On est un petit groupe, on essaie de les aider au mieux, de leur apprendre comment s’organise la vie ici. On essaie de leur apprendre quelques mots de français, etc. Avec les enfants, cela va vite », sourit Laetita. « On ne s’attendait pas à une telle mobilisation. Et après une semaine, on se sent déjà très proches d’eux ».

Vasyl, qui en Ukraine était agriculteur, est venu en témoigner dans notre studio. « Les bombardements se faisaient de plus en plus proches de ma maison. Une maison que j’ai construite de mes mains pendant des années, après journée, quand j’avais fini mon travail dans les champs. Alors nous avons pris la décision de partir avec ma femme et mes quatre enfants. On a passé la frontière roumaine. Puis on s’est débrouillé avec des conducteurs de bus, de camionnettes, pour arriver jusqu’à Bruxelles, où nous avions un contact : Simon ». Indiquons ici que Simon est Roumain, mais parle couramment ukrainien car sa famille habitait à la frontière. Il se dévoue corps et âme pour les réfugiés ukrainiens, et notamment pour Vasyl et sa famille.

Vasyl a encore de la famille en Ukraine. « Ma fille de 28 ans est encore là-bas. Cela m’inquiète. Elle vit avec son mari. Je lui ai parlé au téléphone récemment. Elle aimerait venir en Belgique ».

Sa femme et lui n’imaginaient pas qu’ils seraient accueillis aussi chaleureusement. « Nous avons été très bien accueillis ici, à Saint-Symphorien. Je remercie Simon, Laetita, le propriétaire de la maison et tout le groupe qui nous a super bien accueilli. On est très contents, même si on pense aussi beaucoup à notre famille ».

Lire aussi d-20220317-GU3QJA

Quant à ses enfants, les choses se passent plutôt bien. « Mes quatre fils sont entrés à l’école, ils font du football. Encore une fois, c’est grâce au groupe, qui nous a procuré tout ce dont nous avons besoin ».

Vasyl et sa famille se plaisent en Belgique. Mais comment envisagent-ils le futur ? « Je sens que mes enfants ont envie de rester ici. Je ferai tout pour eux. Mais je veux aller aussi aider en Ukraine. Je ne sais pas si ma maison sera encore debout quand j’y retournerai. Si ce n’est pas le cas, alors j’essaierai peut-être de rester en Belgique. Ici, actuellement, nous avons tout. Simon m’a promis un emploi dans son entreprise. Je peux refaire ma vie ici ».

Le petit groupe de bénévoles de Saint-Symphorien va accueillir une deuxième famille : une femme enceinte de sept mois et leurs enfants. Ils vont cohabiter avec Vasyl et sa famille. Et encore une fois, tout a été mis en place pour que les deux familles se sentent bien.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Aussi en L'ACTU DE MONS-BORINAGE